
La convergence des chocs climatiques et naturels, des perturbations de l'approvisionnement en matières premières et des pressions croissantes liées à la dette souveraine met en évidence de profondes vulnérabilités économiques à travers le monde, en particulier dans les pays du Sud.
Alors que ces pressions s'intensifient, une bioéconomie durable offre une voie à suivre, en créant des emplois et en renforçant la résilience économique, en favorisant des moyens de subsistance plus inclusifs, ainsi qu'en protégeant et en régénérant la nature.
En octobre prochain, deux événements majeurs consacrés à la nature et à la bioéconomie se tiendront simultanément. Le Sommet mondial sur la bioéconomie se tiendra à Dublin les 20 et 21 octobre, tandis que la 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP 17 de la CDB) se déroulera à Erevan du 19 au 30 octobre. NatureFinance sera présent à ces deux événements, où l’organisation travaillera avec ses partenaires et explorera des moyens concrets de développer une bioéconomie durable et inclusive, en reliant l’innovation locale à la finance mondiale et à la réforme des politiques publiques.
Ces discussions contribueront également à définir les prochaines étapes du « Bioeconomy Challenge », dont le secrétariat est assuré par NatureFinance. L'initiative présentera la première version de la feuille de route mondiale pour la bioéconomie lors de la COP31, à l'occasion de son premier anniversaire.
Quatre priorités guideront nos actions à Dublin et à Erevan :
1. Mettre en avant la résilience dans les finances souveraines
L'analyse de la viabilité de la dette et les notations de crédit tiennent compte des dégâts causés par les chocs, mais accordent peu d'importance aux investissements qui permettent de les atténuer. Avec les perturbations de l'approvisionnement en engrais et un « super El Niño » qui se profile à l'horizon, les risques pesant sur la sécurité alimentaire, les finances publiques et la dette souveraine se conjuguent, le Sud étant particulièrement exposé.
L'investissement dans des intrants biosourcés produits localement constitue un exemple clair de résilience que ces systèmes négligent : il peut réduire la facture des importations d'engrais, alléger la pression sur les réserves de change et contribuer à préserver les récoltes futures. Si les évaluations du risque souverain tenaient compte de ces avantages, les pays pourraient emprunter à de meilleures conditions, transformant ainsi la résilience en un atout budgétaire.
2. Un leadership stratégique au service d'une bioéconomie compétitive
Les pays qui transforment eux-mêmes leurs ressources biologiques conservent une plus grande part des emplois, des recettes et de la résilience que celles-ci génèrent. Or, les matières premières sont souvent exportées, tandis que les emplois et les bénéfices liés à leur transformation reviennent à d’autres pays. Pour remédier à cette situation, il faut mettre en place des politiques industrielles et commerciales stratégiques visant à développer des industries et des chaînes d’approvisionnement biosourcées compétitives.
Les gouvernements peuvent recourir aux marchés publics, aux mesures d'incitation et à la politique commerciale pour développer les marchés des produits biosourcés durables, soutenir la transformation locale et élargir l'accès au marché pour les PME et les entreprises communautaires. La coopération régionale et Sud-Sud peut renforcer ces industries, développer les échanges commerciaux et permettre aux producteurs et aux communautés locales de conserver la valeur de leurs produits, tout en protégeant la nature.
3. De l'action locale à la transformation des systèmes
Il est essentiel de mobiliser davantage de financements pour libérer le potentiel de la bioéconomie et lui permettre de se développer à grande échelle. De l’Afrique australe à la région panamazonienne, le défi consiste à constituer un portefeuille de projets bancables et à passer de milliers à des millions, voire des milliards, de capitaux. De nombreuses entreprises prometteuses se retrouvent bloquées dans le « missing middle » : trop grandes pour bénéficier de subventions, mais encore trop jeunes ou trop risquées pour attirer les investisseurs commerciaux.
NatureFinance collabore avec ses partenaires pour combler ce fossé grâce à des approches de financement ancrées dans les réalités locales et adaptables à différents contextes. Par le biais de l’African Bioeconomy Finance Hub et du Bioeconomy Challenge, nous mettons en relation les enseignements tirés du terrain avec les travaux menés à l’échelle mondiale sur le financement, les indicateurs et les marchés, contribuant ainsi à créer les conditions propices à des investissements à grande échelle.
4. La bioéconomie, une voie d'avenir pour le GBF
La COP17 procédera au premier bilan mondial des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs fixés pour 2030 par le Cadre mondial pour la biodiversité, en identifiant les lacunes et les priorités d’action. Il s’agit là d’une occasion de présenter la bioéconomie durable comme une voie permettant de respecter les engagements en matière de biodiversité, tout en faisant progresser les objectifs liés au climat et à la restauration des sols.
Cela implique d’intégrer la nature dans la transformation économique et industrielle, depuis les stratégies nationales en matière de biodiversité jusqu’aux politiques industrielles et aux cadres d’investissement. À mesure que les gouvernements élaborent des stratégies nationales et régionales en matière de bioéconomie, leur alignement sur les objectifs de biodiversité peut favoriser la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité (GBF) tout en favorisant la croissance économique et la création d’emplois.
Où trouver NatureFinance ?
Sommet mondial sur la bioéconomie | Dublin, 20-21 octobre
Au-delà de la science et de la technologie : développer la bioéconomie dans les pays du Sud
Mardi 20 octobre | 11 h 15 – 12 h 45 | Salle de réunion Wicklow n° 5
Organisé par l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture, le ministère sud-africain des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation et la DG INTPA de la Commission européenne, cet atelier examinera les politiques, les financements et les partenariats nécessaires pour développer l’innovation en matière de bioéconomie, en s’appuyant sur les expériences menées en Amérique latine et en Afrique. NatureFinance animera l’un des trois « Scaling Action Labs ».
Bioéconomie : combler le fossé entre les cadres mondiaux et la réalité sur le terrain
Mercredi 21 octobre | 11 h 00 – 12 h 30 | Wicklow Hall 2A
Organisé conjointement par le Bioeconomy Challenge, NatureFinance et l’University College Dublin, cet atelier fera le point sur la première année de l’initiative et s’appuiera sur l’expérience acquise dans le cadre de l’African Bioeconomy Finance Hub et du projet TRANSFORM. Les participants rédigeront des recommandations qui serviront de base aux prochaines étapes en vue de la COP31.
Les personnes et la biodiversité au cœur de la bioéconomie : des territoires locaux à l'impact mondial
Mercredi 21 octobre | 11 h 00 – 12 h 30 | Ecocem – Salle de préparation des intervenants
Co-organisé par WRI Brasil, le Réseau panamazonien pour la bioéconomie, l’Embrapa, The Nature Conservancy et l’Institut ougandais de recherche sur les agents chimiothérapeutiques naturels, cet atelier s’appuiera sur les expériences menées en Ouganda, en Colombie et au Brésil pour examiner comment les bioéconomies menées par les communautés peuvent créer de la valeur locale, renforcer les moyens de subsistance des populations autochtones et locales, et préserver la biodiversité.
Pour en savoir plus sur nos ateliers organisés dans le cadre du Sommet mondial sur la bioéconomie, consultez le programme complet des ateliers ici.
CBD COP17 | Erevan, du 19 au 30 octobre
Libérer le potentiel de la bioéconomie « nature-positive » en Afrique : mobiliser des financements mixtes pour les infrastructures, la création de valeur, le développement durable et la croissance partagée
Jeudi 22 octobre | 17 h 00 - 18 h 15 | Pavillon des banques multilatérales de développement
Organisée conjointement par NatureFinance, l’African Natural Capital Alliance et FSD Africa, cette session se penchera sur les infrastructures et le financement du développement nécessaires à la croissance des chaînes de valeur de la bioéconomie africaine. Elle s’appuiera sur les trois domaines prioritaires de l’African Bioeconomy Finance Hub : les économies foncières régénératrices, la bioéconomie bleue, ainsi que la biologie et l’innovation fondées sur les données.
Commerce, biodiversité et climat dans un ordre mondial en mutation : renforcer la compétitivité, l'intégration régionale et l'accès au marché pour les produits et services liés à la biodiversité
Mercredi 28 octobre | 18 h 15 - 19 h 45 | Spitak, salle des événements parallèles n° 2
Organisé conjointement par NatureFinance, le ministère brésilien de l’Environnement et du Changement climatique, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Bioeconomy Challenge, l’Institut de l’environnement de Stockholm et la Fondation Ellen MacArthur, cet événement parallèle officiel de la COP17 rassemble des gouvernements, des institutions de financement du développement et des entreprises afin d’élaborer des recommandations politiques sur l’accès au marché des produits issus de la biodiversité. Plus d'informations.
Des principes à la pratique : mettre en œuvre le Cadre mondial pour la biodiversité grâce à une bioéconomie durable, inclusive et respectueuse de la nature
Jeudi 29 octobre | 10 h 00 - 11 h 00 | Pavillon des banques multilatérales de développement
Organisé par le « Bioeconomy Challenge », ce dialogue de haut niveau examinera comment la bioéconomie peut contribuer à la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité. S'appuyant sur les quatre groupes de travail de cette initiative, il analysera comment les gouvernements peuvent intégrer la bioéconomie dans leurs stratégies nationales en matière de biodiversité, leurs plans de développement, leur politique industrielle et leurs cadres d'investissement.
Ressources connexes
Lisez l'article récent de notre PDG, Julie McCarthy, qui explique comment la crise des engrais est liée à la sécurité alimentaire, à la dette et au climat.
Lisez notre article de blog intitulé « La bioéconomie africaine existe déjà. La question est de savoir qui en tire profit», ainsi que notre nouveau rapport, « Investir dans la bioéconomie de l'Afrique australe », pour découvrir comment le fait de conserver une plus grande partie de la valeur sur le continent peut contribuer à renforcer les industries, à accroître la résilience et à créer davantage d'emplois.
Consultez notre rapport intitulé « Développer une bioéconomie durable grâce au commerce et à la coopération internationale » pour découvrir comment la politique commerciale et la coopération internationale peuvent contribuer à développer une bioéconomie durable.
Consultez notre rapport intitulé « Financer la bioéconomie dans la région panamazonienne : cartographie des mécanismes financiers, des facteurs de réussite et des recommandations » pour découvrir les mécanismes financiers qui soutiennent la socio-bioéconomie et les éléments qui contribuent à leur réussite.
Découvrez l'African Bioeconomy Finance Hub et le Bioeconomy Challenge, ainsi que leurs actions visant à développer les investissements et la mise en œuvre.