La bioéconomie s'est imposée comme un modèle de développement transformateur, conciliant croissance économique et préservation de l'environnement en Amazonie. Face à l'aggravation des crises climatiques et de biodiversité, la bioéconomie durable – également appelée socio-bioéconomie – offre une voie qui met l'accent sur les produits et services préservant l'intégrité écologique tout en respectant l'identité culturelle et les connaissances traditionnelles des communautés locales.
Un nouveau rapport du Réseau panamazonien pour la bioéconomie, soutenu par NatureFinance et Impact Finance, présente la première cartographie complète des 141 mécanismes financiers qui soutiennent la socio-bioéconomie dans toute la région panamazonienne. Destinée aux décideurs, notamment aux financiers, aux entrepreneurs et aux organisations communautaires, cette étude examine les facteurs de réussite et les obstacles à la réalisation d'un impact et fournit des recommandations pratiques pour renforcer l'écosystème financier.
Le rapport révèle un paysage financier diversifié mais fragmenté, allant des subventions traditionnelles et des fonds d'investissement aux instruments innovants tels que les crédits de biodiversité, les banques d'habitats et les échanges dette-nature. Les principaux défis identifiés ne sont pas le manque d'options de financement, mais la nécessité d'une meilleure coordination, d'un accès plus simple pour les entrepreneurs locaux et d'instruments financiers adaptés aux contextes locaux, afin de garantir que les communautés puissent obtenir les capitaux nécessaires à la transition vers une bioéconomie durable.
Principales conclusions
- Renforcer la coordination et l'alignement stratégique : bien qu'il existe une base solide de mécanismes financiers, l'écosystème financier gagnerait à être mieux aligné et coordonné. Renforcer les liens entre les acteurs, simplifier l'accès et favoriser les synergies peut rendre le financement plus efficace et plus percutant.
- Améliorer l'accessibilité et l'inclusion locale : les processus devraient être simplifiés et les instruments financiers conçus pour s'adapter aux contextes locaux, afin de garantir que les peuples autochtones, les communautés traditionnelles et les petits entrepreneurs puissent mieux accéder aux ressources financières disponibles. Les critères de réussite et les indicateurs de performance actuels s'appuient souvent sur des références économiques conventionnelles, qui ne sont pas toujours compatibles avec les délais et la nature des initiatives communautaires et forestières.
- Développer les modèles de financement mixtes et innovants : le financement mixte domine l'écosystème, avec 57,5 % des mécanismes combinant des capitaux publics, privés et philanthropiques. La mise à l'échelle de ces modèles peut réduire les risques liés aux investissements et attirer des flux de financement plus importants vers les secteurs de la bioéconomie durables et inclusifs.