Dans un monde en mutation rapide, la bioéconomie offre une voie de transformation pour l'adaptation au climat, la croissance positive pour la nature et la résilience fiscale. Actuellement évaluée à 4 ou 5 billions de dollars américains, la bioéconomie pourrait atteindre 30 billions de dollars américains d'ici à 2050, à condition que des mesures stratégiques soient prises dès maintenant.
Pour libérer ce potentiel, il faudra des politiques globales, des investissements ciblés et une collaboration mondiale afin de développer des solutions bioéconomiques capables de résister aux pressions croissantes exercées par les phénomènes météorologiques extrêmes et la perte de biodiversité.
Ce nouveau rapport, publié par NatureFinance et la Banque interaméricaine de développement, identifie les principales opportunités pour les gouvernements, le secteur privé, les banques de développement et les autres institutions financières internationales d'augmenter les investissements stratégiques dans les solutions de bioéconomie - à travers les écosystèmes, les moyens de subsistance et les infrastructures - afin de favoriser un système financier mondial plus résilient et plus inclusif.
Le rapport souligne également que le processus de la CDN 2025 offre une fenêtre critique pour intégrer les stratégies de bioéconomie dans les plans climatiques nationaux, en veillant à ce que la nature soit intégrée dans la transition vers une économie verte.
Principales recommandations
Des recommandations stratégiques pour développer les solutions bioéconomiques de manière équitable, rapide et adaptative, afin de garantir leur succès à long terme.
Il s'agit notamment de
- Intégrer la bioéconomie dans les transitions économiques vertes. Les incitations fiscales, telles que les allègements fiscaux, les prêts à des conditions préférentielles et les obligations liées à la durabilité, peuvent débloquer les investissements du secteur privé dans les initiatives de bioéconomie. Le programme prioritaire brésilien pour la bioéconomie (PPBio) et le fonds pour la bioéconomie en Amazonie sont des modèles éprouvés qui attirent des capitaux vers la bioéconomie.
- Améliorer la gestion des ressources naturelles pour renforcer la résilience des secteurs à haut risque. Adopter une approche "la nature en tant qu'infrastructure", notamment en soutenant les infrastructures dépendantes de la bioéconomie, en promouvant les crédits de biodiversité urbaine pour l'adaptation au climat et en intégrant des solutions basées sur la nature dans les stratégies nationales sur le climat.
- Déployer des processus innovants de conception de solutions pour accélérer l'adoption de solutions bioéconomiques. La conception centrée sur l'humain est essentielle pour développer des solutions bioéconomiques adaptables et résilientes. En s'inspirant des enseignements tirés d'autres écosystèmes d'innovation, notamment l'économie numérique, concevoir des solutions en fonction des expériences vécues par les utilisateurs afin de garantir une adoption rapide et un impact durable.
- Rechercher des solutions de financement innovantes pour lier le développement équitable et résilient de la bioéconomie aux résultats climatiques. En utilisant le cadre des "quatre I" - instruments, indicateurs, intérêts et investisseurs - les gouvernements et les IFD peuvent déployer des outils de financement tels que la dette liée à la durabilité, les obligations basées sur les résultats et les crédits naturels pour stimuler des investissements équitables et alignés sur le climat.
- Des solutions bioéconomiques à l'épreuve du temps pour un réchauffement mondial supérieur à 1,5 °C. Les solutions bioéconomiques doivent non seulement être déployées rapidement, mais aussi être conçues avec agilité et adaptabilité pour répondre à l'incertitude croissante du climat. Il s'agit notamment d'utiliser la planification de scénarios et des indicateurs clés de performance adaptatifs pour rendre le financement de la bioéconomie résistant aux changements climatiques et économiques volatils.