De la production agricole à la création de valeur dans le domaine de la bioéconomie en Afrique

3 juillet 2026

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Cette note stratégique s'inscrit dans le cadre de la série « Unlocking Africa’s Bioeconomy » (Libérer le potentiel de la bioéconomie africaine) de NatureFinance, qui examine comment les pays et les régions d'Afrique peuvent passer de l'extraction des ressources à la création de valeur ajoutée, afin de renforcer la résilience économique, de favoriser une croissance respectueuse de la nature et d'attirer les investissements.

La bioéconomie africaine existe déjà ; elle est ancrée dans l’agriculture et le capital naturel qui assurent les moyens de subsistance et le commerce à travers le continent. Le défi à relever ne consiste pas à la construire à partir de zéro, mais à définir comment la valeur est captée tout au long des chaînes de valeur qui la traversent déjà. L’opportunité est considérable. La bioéconomie mondiale génère, selon les estimations, entre 4 000 et 5 000 milliards de dollars US par an et devrait atteindre 30 000 milliards de dollars US d’ici 2050. L’Afrique est bien placée pour capter une part significative de cette croissance, puisqu’elle dispose de 60 % des terres arables non encore cultivées de la planète et que plus de 65 % de sa main-d’œuvre travaille dans l’agriculture.

Cette note de synthèse présente les conclusions d’une réunion de haut niveau organisée à Nairobi en mai 2026 par NatureFinance et le Bureau africain de l’Institut de l’environnement de Stockholm. Cet événement a rassemblé des acteurs issus des domaines de la stratégie en matière de bioéconomie, des chaînes de valeur agricoles, de la finance et de l’investissement, des systèmes de recherche et d’innovation, ainsi que des acteurs de la mise en œuvre, parmi lesquels figuraient des partenaires de mise en œuvre et de développement, ainsi que des professionnels intervenant à tous les niveaux de la chaîne de valeur. Il définit des actions prioritaires destinées à éclairer la conception des programmes et des initiatives, à orienter les décisions d’investissement et de financement, et à façonner les partenariats, afin de favoriser le passage d’efforts fragmentés à des approches intégrées, axées sur la chaîne de valeur et susceptibles d’être déployées à grande échelle.

Où se trouvent les opportunités : les signaux stratégiques

Six signaux, six occasions d'agir

  1. Constituer des portefeuilles de projets investissables pour favoriser la croissance à grande échelle. Le renforcement et le regroupement de ces portefeuilles peuvent permettre d’atteindre une échelle suffisante, comblant ainsi le fossé entre les ambitions et la viabilité financière tout au long des chaînes de valeur agricoles.
  2. Repositionner l'agriculture en tant que point d'entrée vers l'industrie. L'agriculture est encore principalement considérée sous l'angle des moyens de subsistance, plutôt que comme un levier de création de valeur et d'industrialisation. En la repositionnant comme une porte d'entrée vers les chaînes de valeur, l'industrie et les échanges commerciaux à forte valeur ajoutée, elle peut devenir un levier d'industrialisation, générateur d'emplois, d'entreprises et d'échanges commerciaux régionaux.
  3. Aligner le financement sur la transformation des chaînes de valeur agricoles. Concevoir des mécanismes de financement axés sur les chaînes de valeur, plutôt que sur les cloisonnements institutionnels, peut ouvrir la voie à des passerelles entre l'agriculture et l'industrie, notamment grâce à des modèles de financement mixte qui soutiennent la production, la transformation et l'expansion des marchés.
  4. Placer les PME et les petits exploitants au cœur de la démarche. Ils constituent le pilier de la production et sont le moteur de l’innovation naissante. Des investissements ciblés en faveur de ces acteurs constituent un levier essentiel pour renforcer les fondements de la bioéconomie.
  5. Renforcer les systèmes de transfert des connaissances. Grâce à des capacités de recherche solides, à des systèmes de données et à des écosystèmes d'innovation déjà en place et en pleine expansion, le renforcement des liens entre la recherche et l'industrie permettra de transformer ces connaissances en entreprises prêtes à entrer sur le marché et d'améliorer la productivité.
  6. Améliorer et renforcer la coordination pour favoriser la mise à l'échelle. Un système mieux coordonné permet de générer un impact et des investissements plus importants, de développer les chaînes de valeur et de mettre en place des industries biosourcées compétitives.

Pourquoi est-ce important ?

Sur l'ensemble du continent, la production reste concentrée sur les matières premières ou les produits peu transformés, tandis que les étapes à plus forte valeur ajoutée, qui génèrent l'essentiel de la valeur économique, se déroulent ailleurs. L'Afrique crée de la valeur biologique, mais ne conserve qu'une fraction de la valeur économique ainsi générée.

Pour libérer le potentiel économique de la bioéconomie africaine, il faut opérer une transition coordonnée visant à faire de l’agriculture non plus un simple secteur de productivité, mais un moteur industriel et économique essentiel. Cela implique de renforcer les chaînes de valeur qui relient la production à la transformation, à la fabrication et aux marchés, tout en s’attaquant aux contraintes systémiques qui pèsent sur les systèmes financiers, politiques, de coordination et de connaissances.


Contact

Pour toute question relative au contenu : Indekhwa Anangwe, responsable « Impact & Trade » chez NatureFinance, indekhwa.anangwe@naturefinance.net

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